Dons d’organes, parlez-en en famille…

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur plus de 13 687 personnes en attente de greffes, seules
4 620 transplantations ont été réalisées en 2008 dont 6 % grâce à des donneurs vivants, une pénurie criante à laquelle tout un chacun peut apporter sa contribution…
Les enfants, je tiens à faire don de mes organes après ma mort ! Voilà, la chose est dite, mais fait l’effet d’un pavé dans la marre…

Et pour cause, la mort reste un sujet tabou et il existe des façons plus délicates de faire part à ses proches de ses dernières volontés. Une chose est sûre, en parler ne va pas changer sa destinée, alors que les non-dits sont souvent traumatisants. A l’heure où le don d’organes a été décrété en France grande cause nationale 2009, il me paraît opportun d’exprimer ouvertement à ses proches ses desirata sur le sujet. Il reste à trouver le bon moment et le choix des mots au détour d’une conversation où le sujet s’y prête ou d’une émission évoquant ce thème... Sachez d’ailleurs que sans opposition formelle de votre part inscrite au registre national des refus, vous êtes assimilé à un donneur potentiel consentant, même si la décision finale revient à vos proches dont l’accord est incontournable. Alors autant clarifier préventivement cette situation douloureuse.

La vie est ainsi faite… des patients meurent régulièrement, faute du greffon qui aurait pu les sauver (cœur, poumons, rein…), c’est le cas de 222 personnes en 2008. Et simultanément des personnes sont fauchées par la vie, parfois en pleine santé. Il s’agit généralement de situations exigeant un certain nombre de conditions (hospitalisation, mort cérébrale…) Mais parfois se pose pour la famille un cas de conscience insurmontable devant l’insistance des médecins à obtenir une autorisation de prélèvement d’organes chez cet être cher (enfant, parent) prématurément disparu. Un dilemme, qui vient décupler l’état de choc créé par la circonstance, et auquel nous pouvons tous hélas être un jour confrontés si la personne décédée n’a pas fait part de sa volonté.
Ma position toute personnelle est sans appel. Le don d’organes post-mortem est l’occasion inespérée de sauver d’autres vies, un geste qui donne un sens à sa disparition, voire une manière de tirer dignement sa révérence…

  • Publié: 24/02/2014 09:14
  • Par Mark Andris
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