Des plantes contre la pollution

Un rôle de sentinelles - Une équipe suisse est parvenue à modifier génétiquement des plants d'Arabidopsis pour qu'ils détectent dans quelle mesure un environnement donné favorise les réarrangements génétiques - autrement dit leur pouvoir mutagène. Plantés sur des terrains proches de la centrale de Tchernobyl et Fukushima, les plants arboraient un réseau dense de taches bleues (visibles à l'œil nu) prouvant le caractère radioactif des sols. Difficile d'imaginer un test plus facile et meilleur marché pour détecter la présence d'un rayonnement ou éventuellement de produits chimiques favorisant les mutations.

La phytoremédiation - Plusieurs travaux visent à démontrer que les plantes transgéniques pourraient aussi jouer un rôle d'épuratrices. Les chercheurs du projet Metallophytes ont ainsi montré que certains végétaux parviennent à se développer sur ces terrains contaminés par les métaux lourds et intègrent une fraction de ces polluants dans leurs tissus.

Une autre idée est d'identifier les gènes associés à la tolérance aux métaux pour ensuite les introduire dans des Fétuques (Festuca). Ces graminées, qui disposent d'un système racinaire profond et d'une biomasse élevée, se prêtent facilement aux manipulations génétiques. On leur associerait, en outre, des gènes provoquant des sécrétions d'acides au niveau de la racine, afin de favoriser la libération des métaux piégés dans le sol. Il suffirait ensuite de récolter périodiquement les herbes chargées en métaux et de les traiter. Un autre projet, coordonné par le Danois Ulrich Karlson, se propose donc de développer et tester des bactéries internes aux plantes capables de dégrader les principaux polluants.

Matières premières vertes - Le génie génétique s'efforce également de fournir à l'industrie un certain nombre de matières premières plus vertes. Des peupliers génétiquement modi- fiés pour produire moins de lignine diminuent la pollution et les coûts entraînés par l'élimination de cette substance dans la pâte à papier. Des recherches sur des colzas transgéniques visent aussi à fournir à l'industrie des carburants ou des lubrifiants qui ne contribueraient ni à l'épuisement des énergies fossiles, ni - par conséquent - à l'effet de serre.

  • Publié: 27/06/2018 18:22
  • Par Mark Andris
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