Le fameux dessin du bonhomme

En cette période de Pères Noël débonnaires, il est intéressant de comprendre comment l’enfant se pense lui-même lorsqu’il ébauche le fameux dessin du bonhomme. Suivons les étapes, une à une.

Entre 2 et 3 ans, il s'agit d'un griffonnage, le gribouillis est désordonné, part en tous sens, et c'est normal.

Vers 3 ans, commence le véritable stade du bonhomme-têtard. Le dessin de l’enfant passe à un trait unique, s’affinant en une boucle non fermée. La présence informe se métamorphose en une ébauche de représentation de soi en tant qu’être constitué : le moi commence son "individualisation".

À 4 ans, l’enfant parvient à fermer cette boucle qui représente un être unique, une vraie représentation humaine avec des traits symbolisant le visage (à l’intérieur de la boucle) ou le corps (à l’extérieur de la boucle). Deux simples lignes représentent les jambes ou les bras.

À 4 ans et demi, le bonhomme est complet : les parties principales du corps sont présentes, les yeux ronds, les doigts en râteau  ou en fleur, quelques détails surgissent : nombril, cheveux, sexe, etc.

À 5 ans et demi : chaque partie du corps est distincte l'une de l'autre avec ses attaches respectives. On note encore une disproportion de certains éléments, mais aussi la présence d'un vrai sourire de socialisation et les traits doubles pour les quatre membres. L’identification sexuelle masculine ou féminine apparaît.

Cette représentation évoque infailliblement le premier stade de développement de la grenouille avec son corps rond, ses gros yeux globuleux et sa longue queue : on l’a donc appelée têtard ou bonhomme-têtard.

  • Publié: 05/03/2014 17:12
  • Par Mark Andris
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