"Attention, tu vas te faire mal !"

Quel parent, en présence de son enfant turbulent, n’a pas eu envie de le calmer en le prévenant de ce qui risquait d’arriver s’il jouait très près d’un escalier, d’un trottoir, ou se balançait sur une chaise ? Combien de fois nous surprenons-nous à répéter inlassablement la même menace : « Attention, tu vas tomber ! » ou « Pose ce couteau, tu vas te couper ! »

On ne se doute pas qu’en voulant lui épargner une mauvaise expérience, on l’empêche d’en faire une. Bien sûr, il faut empêcher un enfant de courir vers un danger imminent. Il faut souvent prévenir son enfant du risque, voire du danger qu’il encoure, mais tout l’art et la manière de le faire peuvent tenir en une formule unique et bien plus formatrice : « Attention, tu risques de tomber », « Tu risques de te couper. »

Cette nuance entre « tu vas » et « tu risques » est si infime qu’elle peut être facilement adoptée. En effet, dire « tu vas » impliquerait pour l’enfant que « l’adulte sait par avance ce que je ne sais pas moi-même, alors que c’est moi qui agis. »
Alors qu'en lui disant « tu risques de… », cela suppose que l’enfant a un choix. Celui d’être vigilant ou, à l’inverse, de faire le téméraire au risque de tomber et de se faire mal.

Dans « tu risques de… », la notion de libre-arbitre est parfaitement captée par l’enfant qui en fait une formule d’attention que le parent lui porte. Précisément, parce qu’on lui donne le choix de faire attention, il saura choisir. À l’inverse, lorsque l’enfant se sent entravé dans ses gestes et sa parole, il ne se sent ni libre ni autonome.

par Harry Ifergan

  • Publié: 22/12/2013 11:01
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