Les Aphrodisiaques : Du Mythe à la Réalité...

La recherche du plaisir sexuel par des ingrédients alimentaires date de la nuit des temps. Certains relèvent du mythe, d’autres ont une action réelle sur la virilité.

Aujourd’hui, le sexe est partout : il est devenu un objet légitime de nombreux marchés comme la presse, les livres, la vidéo, l’Internet voire le tourisme. Les industriels de l’alimentaire n’ont pas exploité le filon du moins en Europe. Et pourtant, de tous temps et dans toutes les sociétés, les épices, certains condiments, quelques plantes aromatiques, les extraits de certains arbres exotiques ont été considérés comme des aphrodisiaques alimentaires capables d’accroître le plaisir sexuel. Encore faut-il distinguer le mythe de la réalité, le placebo ou l’euphorisant du véritable aphrodisiaque.

Il existe donc au moins deux catégories dans ces ingrédients :

  1. Les stimulants, les toniques qui ont un effet positif sur l’attirance sexuelle et l’échauffement des sens, qui diminuent chez l’homme l’anxiété d’un possible ratage de l’acte sexuel. Les ingrédients de ce type sont très nombreux et d’origines très diverses.
  2. Les ingrédients qui sont de vrais aphrodisiaques, en agissant directement sur l’érection du membre viril, en même temps que sur la prolongation du plaisir. Ces substances efficaces et peu nombreuses doivent être utilisées avec modération, pour cause d’effets secondaires négatifs.

En Europe, la réputation pas toujours usurpée de stimulants, d’éveilleurs du désir a été attribuée à un certain nombre de plantes aromatiques locales, couramment utilisées dans l’alimentation. On peut en citer quelques-unes : céleri, laurier sauce, moutarde, romarin, sarriette, sauge, thym, persil, ail, échalote, oignon, menthe.

Ingrédients coquins

Mais ce sont surtout les épices exotiques qui ont attiré la convoitise des amateurs d’excitants sexuels.

Certaines sont utilisées depuis si longtemps qu’elles font partie intégrante de notre alimentation. Elles sont d’abord venues de diverses contrées d’Asie. Parmi les plus connues, le poivre noir, le curcuma, le gingembre, le safran, la noix de muscade et son enveloppe (le macis), le clou de girofle, la cannelle, le cardamome, le basilic, l’anis étoilé (badiane) sans oublier le ginseng, très prisé en Extrême-Orient. Du Proche- Orient nous vient le coriandre.

D’autres plantes stimulantes sont originaires de l’Amérique centrale et latine : vanille, piment, poivre de Cayenne (ou piment enragé), cacao, maté. Le café, la noix de kola sont originaires de l’Afrique subsahariennne.

Quelques-uns de ces stimulants dégagent un arôme qui excite d’abord les cellules olfactives.

C’est par ce biais qu’elles sont excitantes. On peut citer le curry, mélange de curcuma, de piment, de coriandre, de cardamome, de cumin, de gingembre. L’odeur alléchante est complétée par la chaleur et le piquant en bouche. Un autre exemple intéressant est celui de la truffe noire.

L’odeur inimitable de ce champignon « aphrodisiaque » vient d’un mélange de neuf composés qui se retrouvent principalement émis par les glandes sudoripares des aisselles, chez l’homme. Ce mélange comprend des squalènes (hydrocarbures) et surtout un stéroïde, l’androsténol (proche du musc) dérivé de l’hormone mâle (testostérone). En fait, la truffe serait plutôt un excitant sexuel pour les deux sexes... À part ces ingrédients excitants ou euphorisants qui font partie de l’alimentation occidentale, des ingrédients exotiques apportant le bien-être - et ayant des vertus énergisantes - on ne peut oublier le guarana du Brésil qui, sous forme de boissons sans alcool, rivalise depuis quelques années, avec le Coca-Cola et le Pepsi-Cola, au Brésil même et leur fait aussi de la concurrence en Chine et en Israël. Si bien que ces deux multinationales fabriquent maintenant, la première le Kuat, la seconde le Josta en tant que produits pour sportifs. En Australie, la firme Guarana Company produit de la poudre de guarana à incorporer dans toutes sortes de BRSA, des jus de fruits au chocolat.

Il existe, dans des pays lointains, de véritables ingrédients aphrodisiaques dont la consommation a un effet direct sur la qualité de l’acte sexuel. Les plus connus sont le yohimbe, originaire de l’Afrique tropicale, le bois bandé (ou bois d’homme) des Antilles, le muirapuama de l’Amazone (Brésil), la cantharide ou mouche espagnole.

Pour le bois bandé, l’écorce est macérée dans du rhum blanc et se consomme sous forme de boissons. Malheureusement, on ne peut aujourd’hui juger de l’effet réel du bois bandé sur les performances sexuelles de la femme ou de l’homme, car l’arbre dont provient l’écorce, le Richiera grandis, fait aujourd’hui partie des espèces protégées. Il existe beaucoup de contrefaçons, ce qui explique les vives controverses dont est l’objet le bois bandé.

Ainsi les écorces d’autres plantes sont utilisées comme celle du Roupala montana, macérées dans l’alcool et vendues sous le nom de « rhum macoucherie » ! Un autre aphrodisiaque traditionnel avéré (souvent vendu comme bois bandé) est l’écorce du muirapuama, un arbuste de la forêt amazonienne, largement utilisé en Amérique du Sud.

Mais les deux plus puissants ingrédients aphrodisiaques proviennent l’un du yohimbe, arbre de l’Afrique tropicale, l’autre de la cantharide, insecte originaire du Sud de l’Europe. L’écorce du yohimbe contient un alcaloïde, la yohimbine qui a la propriété de dilater les artères du membre viril d’une façon durable avant et pendant l’acte sexuel. Se méfier cependant des abus : une consommation non modérée de yohimbine peut entraîner une érection persistante (priapisme). Pour ce qui est de la cantharide, c’est une substance secrétée par l’insecte mâle, la cantharidine, qui donne la puissance sexuelle. Réduite en poudre, elle doit être utilisée à doses infimes car elle est extrêmement toxique. Actuellement, la cantharidine est interdite en France.

Les vrais aphrodisiaques naturels

Des recherches scientifiques ont été menées sur les vrais aphrodisiaques, comme le yohimbe, le muirapuama. À l’Institut de sexologie de Paris, le Dr Jacques Wayneberg a extrait du muirapuama, une substance active, la muirapuamine, commercialisée en pharmacie sous le nom de Testor Plus. Des essais cliniques significatifs ont confirmé son action positive sur les problèmes d’impuissance sexuelle.

Par ailleurs pour le yohimbe, le produit vendu en France est le chlorhydrate de yohimbine. Ces produits ne peuvent être obtenus qu’en pharmacie, avec une ordonnance...

source: Cibac Mag

  • Publié: 01/09/2013 16:05
  • Par Mark Andris
  • 2447 vues
comments powered by Disqus