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Une puce derrière la rétine

Une puce derrière la rétine

Pourra t-on, à long terme, remplacer une rétine déficiente par la greffe d'une puce photosensible ?

C'est en tout cas le pari qu'ont re-tenté, en Juillet, à l'hôpital central Dulage de Winsfield (Illinois) et au centre médical Rush-Presbyterian-St Luke de Chicago, le docteur Alan Chow et son frère Vincent, auprès de trois patients atteints de rétinite pigmentaire, affection qui entraîne la dégénérescence de la rétine.

Co-inventeur de la puce photosensible et fondateur d'Optobionics, ils placent tous leurs espoirs dans cette technologie.

Cette puce a 2 mm de diamètre. Elle se compose d'environ 3 500 minuscules détecteurs reliés à des électrodes métalliques. Ceux ci sont sensés stimuler les neurones rétiniens et leurs récepteurs. Et jouer ainsi le rôle de rétine artificielle en lieu et place de la rétine dégénérée.

Pourtant le remplacement d'une rétine par un composant électronique n'est pas pour demain. Les recherches n'en sont qu'à leurs balbutiements. Ses inventeurs n'ignorent pas les problèmes qui leur restent à résoudre. Parmi ces problèmes...

La précision de l'image, tout d'abord, car même si la puce utilise quelques milliers de capteurs, elle ne peut rivaliser avec les millions de photorécepteurs et les milliards de connections nerveuses qui composent une rétine saine.

Se pose ensuite le problème de l'alimentation en énergie du composant électronique.
Problème primordial à résoudre, car l'énergie actuel des photorécepteurs ne dépasse pas 20 %. Et la lumière extérieure ne suffit pas à la puce greffée au fond de l'œil, pour produire l'énergie nécessaire à la vision.

De plus l'obtention des résultats actuels bien que satisfaisants sont encore loin d'être concluants. Cela va d'une vague perception lumineuse chez les patients greffés, à une bonne tolérance à la puce.
Sans compter que l'on ne connaît pas encore le seuil de tolérance à long terme de l'œil à ces implants.

Pourtant les travaux continuent... Le Dr Chow avait déjà opéré l'an dernier 3 patients. Devant l'absence de rejet et la bonne tolérance de l'implant la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire fédérale américaine lui a permis de réopérer 3 patients.
Et l'a même autorisé à poursuivre l'étude sur dix malades. Histoire de mieux cerner les effets

de l'implant sur l'organisme et de valider les données déjà recueillies. A suivre..

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