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Dysfonction érectile

Actuellement un homme sur cinq souffre de troubles de l'érection en France. 22% d'entre eux consultent (Sofres, 1994). L'enquête ACS (1999), réalisée auprès de 1557 hommes, montre que 42% souffrent de troubles de l'érection ponctuellement, 24% plus d'une fois sur cinq rapports sexuels. 33% des hommes cherchent à s'informer sur ce sujet, 31% éprouvent le besoin d'en parler, 17% seulement l'ont fait auprès de leur médecin.

La perte d'érection

C'est bien entendu le premier symptôme de l'insuffisance érectile et de l'impuissance. Sa présence ne suffit pas à elle seule pour caractériser la maladie. Dans l'insuffisance érectile, dans l'impuissance constituée, elle s'accompagne d'autres symptômes qui sont autant de facteurs constituants à la fois aggravants et de renforcement de la maladie.

Les troubles du comportement

Ils sont systématiques, générés par l'insuffisance érectile ou provoqués par son installation. L'homme atteint dans sa capacité d'érection peut par exemple avoir tendance à s'isoler, à se renfermer sur lui même, à s'éloigner d'une partenaire qu'il pense ne pas pouvoir satisfaire.

Il va tenter d'éviter toute situation de stimulation sexuelle, tout regard, toute pensée érotique qui le confronterait à la dynamique d'échec dans laquelle il se sent enfermé, sans issue possible. Il peut aussi, au contraire, multiplier les tentatives infructueuses de pénétrations, hors de tout contexte érotique, par exemple lors de la moindre érection spontanée et en l'absence de toute préparation d'une partenaire vite lassée de cet acharnement où tout se joue sans elle. Ou bien avec une partenaire inconnue avec laquelle il va se tester, s'observer, se mettre à l'épreuve.

Tous ces comportements, inspirés non par le désir, mais par le seul besoin d'érection, se mettent en forme dans la peur de ne pas y arriver, et ne sont pas adaptés à la situation de rapport sexuel. Ils n'ont rien de commun avec le comportement amoureux qui permet habituellement de développer et de maintenir une érection.

Quand un homme qui se retrouve confronté à une panne sexuelle adopte l'un de ces comportements inadaptés à la résolution de son problème, il aggrave involontairement sa difficulté et se met bien malgré lui en état d'échec sexuel durable.

Les troubles de l'humeur

Ils sont eux aussi systématiques. Ils peuvent évoquer un état dépressif dans les situations d'inhibition, d'isolement, de perte d'élan en général. On retrouve alors des pensées négatives, une sensation d'enfermement dans un échec durable, des sentiments de dévalorisation, de honte, de culpabilité, de perte d'estime de soi.

Quand l'homme en difficulté d'érection adopte un comportement de nature plus compulsive avec répétition à l'infini de l'action devenue impossible, les troubles seront plus volontiers des idées qu'il rumine, d'envahissement permanent de la pensée par des idées négatives et d'échec.

Les troubles de l'anticipation

Ils sont toujours présents, eux aussi. L'insuffisance érectile, l'impuissance s'accompagnent d'impossibilité à concevoir ou à renouveler son projet sexuel. Les idées ruminées ou dépressives ne permettent plus d'accès à un imaginaire érotique. Cet imaginaire est appauvri, voire complètement occulté.

L'anxiété

Elle ne manque jamais quand le trouble de l'érection s'installe de manière durable. Anxiété devant l'action devenue impossible à réaliser, elle assure le verrouillage de la difficulté sexuelle, par ses propriétés adrénergiques (et noradrénergique dans le cas de la noradrénaline) : l'adrénaline, neuro-hormone du stress et de l'anxiété, rend impossible l'érection par sa nature même de réduction de l'apport artériel dans les tissus. Quand le sang ne peut plus venir remplir les tissus de la verge, l'érection est impossible.

Un véritable "cercle vicieux"

Les différents symptômes intervenant dans l'impuissance jouent comme autant de facteurs déterminant un véritable cercle vicieux par leur intrication et leur renforcement mutuel.

La perte d'érection peut être d'origine variable. Elle peut être due à une lésion organique véritable ou à un blocage d'ordre psychologique, relationnel.

Elle peut être provisoire ou plus rarement, définitive (2 à 4% des cas). Mais quand elle s'installe, elle est à la fois responsable de comportements inadaptés, de troubles de l'humeur aggravant la situation, de troubles fantasmatiques, qui vont à la fois se renforcer mutuellement et installer involontairement mais durablement la situation.

L'anxiété préexistante ou surajoutée jouant le rôle de liant déterminant. La partenaire, quant à elle, souffre d'être confrontée à un homme soit enfermé sur lui même, soit acharné à multiplier les tentatives malheureuses de pénétration.

Toutes ces attitudes lui sont bien souvent plus difficiles à supporter que la perte d'érection elle-même. Elle risque donc par réaction, d'adopter un comportement qui peut renforcer la difficulté de l'homme (reproches, isolement, démotivation...). La boucle est ainsi bouclée, et l'homme qui souffre de sa perte d'érection s'enferme indéfiniment dans une difficulté qui lui apparaît insurmontable.

Le nombre d'options disponibles pour traiter la dysfonction érectile a augmenté ces dernières années avec l'introduction de médicaments qui peuvent aider les hommes à obtenir une érection. Alors que l'on pensait autrefois que les troubles de l'érection survenaient à cause de facteurs physiologiques, on sait à présent que la dysfonction érectile peut se présenter suite à un grand nombre de conditions médicales. En fait, il est possible que la dysfonction érectile soit le principal symptôme d'une maladie grave, telles que l'athérosclérose ou le diabète.

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