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Pourquoi y a-t-il de plus en plus d’asthmatiques et d’allergiques ?

Pourquoi y a-t-il de plus en plus d’asthmatiques et d’allergiques ?

Les données françaises

En France, les données issues des enquêtes menées par l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé, depuis 1990 le prouvent : la prévalence de l’asthme augmente.

Ces enquêtes réalisées sur les bases de l’Assurance maladie auprès de 20 000 Français avaient pour objectif d’avoir d’abord un aperçu de l’état de santé des Français avec des questions particulières sur l’asthme. Rapportée à la population française, la prévalence de l’asthme était de 6,7 % et le nombre d’asthmatiques était évalué à 4 150 000.

Comparées aux données antérieures recueillies dans les mêmes conditions, on observe en France, une augmentation de 2 % de la prévalence de l’asthme de 1990 à 2006.

Qu’en est-il dans les autres pays ?

Une étude finlandaise menée chez des hommes fait apparaître une augmentation constante de la prévalence de l’asthme depuis 1988 jusqu’au début des années 2000, avec parallèlement une augmentation de la rhinite allergique et de la dermite atopique.

En Australie, une étude débutée en 1982 chez des enfants de 8 à 11 ans a été répétée tous les 10 ans. L’asthme diagnostiqué par un médecin augmente de façon très importante jusqu’en 1992, puis sa présence reste stable de 1992 à 2002 - La prévalence de rhinite allergique, a contrario, continue à augmenter.

Les résultats des grandes études internationales, notamment l’étude ISAAC III (International Study of Asthma and Allergy in Children) mettent également en évidence une augmentation de la prévalence de l’asthme.

Impact de l’asthme sur la société

Les réponses aux questions sur l’asthme nous apprennent qu’en France 30 % des asthmatiques ont eu dans l’année une consultation non programmée ou recours à un service d’urgences. 6 % ont eu besoin d’un arrêt de travail de plus de trois jours consécutifs. Chez les enfants, l’asthme est responsable d’absentéisme scolaire dans 28 % des cas.

Donc non seulement la prévalence de l’asthme augmente, mais cette augmentation a un impact en termes de consommation et de coût Pour la société, souligne le Pr P Demoly (Montpellier)

Évolution de la prévalence de l’asthme : les hypothèses

Selon les résultats d’une grande étude épidémiologique européenne (European Community Respiratory Health Survey), publiée en septembre 2008 dans la revue The Lancet, la rhinite allergique est un facteur prédictif de l’asthme.

Menée sur 6 500 patients âgés de 20 à 44 ans suivis pendant plus de 9 ans, cette étude montre que les personnes atteintes d’une rhinite allergique ont 3,5 fois plus de risques de développer un asthme que les personnes n’ayant pas de rhinite.

Les personnes qui ont une rhinite non allergique (tests cutanés négatifs) ont 2,7 fois plus de risques de devenir asthmatiques que les personnes "contrôle" non allergiques et non sujettes aux rhinites.

En étudiant plus spécifiquement les différents aéro- allergènes, les scientifiques ont observé que la rhinite allergique aux acariens était particulièrement associée à une augmentation du risque d’incidence de l’asthme (risque multiplié par 3,2).

Le lien entre l’asthme et l’allergie a été l’objet de nom- breuses études, dans la cohorte de Tucson (Arizona). Il a été démontré que la réaction immunitaire entraînant les symptômes était liée à une production anormalement élevée d’IgE.

Dans une autre grande cohorte suisse, 7 % des adultes sont asthmatiques, 2/3 d’entre eux sont allergiques, 1/3 ne le sont pas.

Les liens entre l’exposition à un allergène et la sensibilisation, puis la sensibilisation et le début de la maladie ont été démontrés.

En revanche l’absence de lien épidémiologique entre l’exposition et le début de la maladie suggère que d’autres facteurs interviennent.

Les facteurs environnementaux associés aux facteurs endogènes (potentiel génétique) sont susceptibles d’influer sur la survenue et/ou la sévérité des allergies respiratoires.

Ces facteurs sont nombreux, ils incluent des polluants gazeux et particulaires qui composent la pollution urbaine [ozone, oxyde d’azote..., les agents biologiques (bactéries, virus)], le tabagisme (un tabagisme passif multiplie d’un facteur 2 à 3 le risque d’avoir un asthme.

source: Symposium AstraZeneca, présidé par F.Wessel, Synthèse médicale
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