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Les performances sexuelles des Brésiliens

SELON une enquête récemment réalisée en Angleterre, les Brésiliens seraient les champions du monde du sexe. Chez les hommes comme chez les femmes. A en croire le médecin anglais Judith MacKay, membre du Royal College of Physicians - qui vient de publier les résultats de ses recherches dans l'atlas Penguin du Comportement sexuel humain -, le Brésilien est, dans ce sport, le meilleur athlète du monde. Non seulement par le plus grand nombre de rapports sexuels au fil d'une vie, mais également par le temps consacré à l'acte - de trente à quarante minutes en moyenne. « C'est un phénomène ! », annonce le Jornal do Brasil. Malheureusement, tempère aussitôt le plus que centenaire quotidien de Rio, c'est « un truc à faire voir aux Anglais », expression locale traduisible par « c'est un rideau de fumée ».

« Enflammer Un Esquimeau »

Pris à témoin, le gynécologue Nelson Vitellio, président de la Société brésilienne de sexualité humaine, qualifie le travail de sa collègue britannique de « fallacieux ». En se fondant sur des recherches effectuées sous sa coordination, il estime que près d'un Brésilien sur trois et une Brésilienne sur deux souffrent d'un dysfonctionnement sexuel. Une autre enquête, effectuée par l'Institut de sexualité de Sao Paulo, apporte de l'eau à son moulin. Sur les deux cents étudiants interrogés, 83 % admettent une tendance plus ou moins prononcée à l'éjaculation précoce, 14 % confessent des difficultés d'érection, et 7 % sont atteints du « syndrome de la première fois » ( « défaillance » lors du premier rapport avec une nouvelle partenaire). D'autre part, la moitié d'entre eux ont, sans succès, consulté un spécialiste en vue d'un traitement salvateur.

Le pays de Ivo Pitanguy (le « pape » de la chirurgie esthétique), du bikini « fil dentaire », des motels spécialisés et des baigneuses callipyges aurait-il usurpé sa réputation de terre promise du sexe ? L'Institut Kaplan de sexologie, également basé à Sao Paulo, contribue en tout cas à l'entreprise de démythification.

Bien que les quelque dix mille entretiens que ses enquêteurs ont récemment enregistrés aux quatre coins du Brésil ne soient pas encore totalement décryptés, les premiers résultats d'ensemble égratignent singulièrement l'image du latin lover à la brésilienne. « La plupart des femmes se plaignent de ne pas être sexuellement satisfaites. A tel point que beaucoup parmi celles âgées de plus de trente-cinq ans affirment avoir abandonné toute activité sexuelle », explique Maria Helena Gherpelli, la directrice de recherches de l'institut. A la méconnaissance de la physiologie de l'autre s'ajoute l'ignorance de son propre corps. « Nombre d'adolescents des deux sexes, précise-t-elle, ne savent même pas ce qu'est un clitoris »... Tout n'est cependant pas perdu. « Les Brésiliens, ajoute-t-elle, sont en train de prendre conscience que leurs performances au lit laissent souvent à désirer. Ils cherchent de plus en plus à donner du plaisir à leur compagne. »

Parmi les cent quarante-sept lecteurs du Jornal do Brasil qui ont apprécié le diagnostic du médecin anglais en transmettant leurs commentaires par courrier électronique, une certaine Ana approuve de tout coeur le verdict venu de Londres : « Les Brésiliens, dit-elle, ont le sexe dans la peau et sont des champions à l'heure de démontrer leur passion au partenaire. Je suis argentine et je sais de quoi je parle. » Le quinquagénaire Rui Simoes affirme, pour sa part, que « les qualités de la femme brésilienne sont capables d'enflammer même un Esquimau ».

Jean-Jacques Sévilla
Le Monde

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