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Traitement de la schizophrénie

La schizophrénie est une psychose endogène qui se développe par poussées successives. Les symptômes de base sont des altérations de la pensée (par. ex. incohérence pensées illogiques et décousues , blocage du raisonnement perte soudaine du cours des idées, repliement de l'esprit le malade prétend que ses pensées lui sont retirées de l'extérieur) de l'affectivité (état d'esprit sans relation avec la situation) et de la volonté d'entreprendre. Des symptômes supplémentaires sont par ex des délires (délires de persécution), ou des hallucinations auditives fréquentes et angoissantes.

Neuroleptiques

Après le début du traitement, on observe d'abord une sédation seule. Les visions et les hallucinations qui tourmentent les patients schizophrènes perdent de leur force, le comportement psychotique persiste cependant. Au cours des semaines suivantes, les phénomènes psychiques se normalisent lentement, les à-coup psychotiques s'estompent. Une normalisation complète ne peut souvent pas être obtenue. Mais même lorsque l'on ne peut pas parvenir à une guenson, les modifications que nous venons de décrire ont cependant une conséquence. Pour les malades en effet, le supplice que constitue le changement de leur moi sera atténué, la surveillance sera plus souple et la confiance que lui accorde la communauté reviendra plus rapidement. Il existe deux types de composés avec des structures chimiques différentes permettant un traitement neuroleptique, antipsychotique.

  1. les phénothiazines dérivées d'un antihistamimque, la prométhazme (dont la substance de référence est la chlorpromazme) et leurs analogues (par ex thioxanthènes) et
  2. les butyrophénones (substance de référence, l'halopéndol) Les phénothiazines et les thioxanthènes peuvent être séparés selon la structure chimique de la chaîne latérale en.
  • composés aliphatiques substitués (chlorpromazine, triflupromazine,
  • piperazines substituées (triflupérazine, fluphénazine, flupentixol)

L'effet antipsychotique repose vraisemblablement sur une action antagoniste au niveau des récepteurs dopaminergiques. A côté de l'effet principal anti-psychotique, les neuroleptiques présentent simultanément des effets antagonistes vis-à-vis de

  • l'acétylholine, au niveau des récepteurs muscariniques → effets de type atropinique ,
  • la noradrenaline, au niveau des récepteurs α → troubles de la régulation de la pression artérielle,
  • la dopamine, au niveau des récepteurs dopaminergiques de la substance noire → troubles extrapyramidaux, de l'area postrema → action anti-émétique, de l'hypophyse → augmentation de la sécrétion de la prolactine ,
  • l'histamine → origine probable de la sédation

Ces effets complémentaires peuvent également se produire chez des individus psychiquement sains, leur intensité est variable d'un produit à l'autre

Effets secondaires

Les effets secondaires les plus fréquents et qui limitent fréquemment le traitement sont les troubles moteurs extrapyramidaux ; ils proviennent du blocage des récepteurs dopaminergiques. Une dyskinésie précoce peut être notée immédiatement après le début du traitement sous forme de mouvements involontaires et anormaux, surtout au niveau de la tête, du cou et des épaules. Après des semaines ou des mois de traitement on peut observer des symptômes analogues à ceux de la maladie de Parkinson (tremblement, raideur, lenteur des mouvements) ou bien une akathisie (agitation motrice). Toutes ces altérations peuvent être soignées par des antiparkmsoniens appartenant au groupe des anticholinergiques (ex. bipéridène). Ces symptômes disparaissent toujours à l'arrêt des neuroleptiques. Une dyskinésie tardive peut être notée, en particulier au moment de l'arrêt du traitement, après une administration de plusieurs années. Elle est due à une hypersensibilité du système des récepteurs dopaminergiques et s'aggrave après administration d'anticholinergiques.

Au cours d'une administration chronique de neuroleptique peuvent se produire de rares lésions hépatiques avec cholestase. Un effet secondaire rarissime mais dramatique est le syndrome malin des neuroleptiques (hyperthermie, raideur des muscles squelettiques, stupeur), qui peut être fatal en l'absence d'un traitement médical intensif (entre autre dantrolène).

Différences entre neuroleptiques

Il est clair en ce qui concerne le traitement, qu'il existe des dérivés des phénothiazines ou des analogues dont les propriétés se distinguent nettement de celles de la chlorpromazine, la substance de référence, et s'apparentent plutôt à celles de la butyrophénone. .Cela touche l'activité antipsychotique (symbolisée par la flèche), l'importance de la sédation et la possibilité de provoquer des troubles extrapyramidaux.

Le déclenchement variable des troubles extrapyramidaux peut être at tribué à un rapport variable entre les activités antagonistes vis-à-vis de la dopamine ou de l'acétylcholine ririsque de troubles extrapyramidaux est plus important dans le cas des dérivés butyrophénones que dans celui des phénothiazines. Ils ne possèdent en effet aucune action anticholinergique et l'équilibre entre l'activité des neurones dopaminergiques et cholinergiques est plus profondément altéré.

Les dérivés substitués par une pipérazine (ex. trifluopérazine, fluphénazine) ont une activité antipsychotique plus élevée, à doses comparables, que les dérivés substitués par une chaîne aliphatique, (ex. chlorpromazine, triflupromazine), mais la qualité des effets antipsychotiques n'est pas modifiée.

Les thioxanthènes sont des analogues structurels des phénothiazines (ex. flupentixol, chorprothixène) pour lesquels l'azote présent dans le cycle central est remplacé par un atome de carbone relié à la chaîne latérale par une double liaison. Ils se distinguent des phénothiazines par une composante additionnelle thymoleptique.

La clozapine est un neuroleptique à la structure atypique, censé ne provoquer aucun trouble extrapyramidal. Cette propriété est vraisemblablement due au fait qu'il bloque parmi les récepteurs dopaminergiques plus particulièrement le type D4. Mais les récepteurs 5-HT2, H1 et muscanniques sont également touchés. La clozapine peut être utilisée lorsque les autres neuroleptiques ne peuvent plus être prescrits à cause de leurs effets extrapyramidaux. La clozapine peut provoquer une agranulocytose et ne doit donc être utilisée qu'avec une surveillance régulière de la formule sanguine. Elle a une forte action sédative.

La fluphénazine ainsi que l'halopéridol peuvent être administrés sous forme de dépôt intramusculaire après estérification par un acide gras.

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